Le 5 septembre 2002

 

7ème UNIVERSITE D’ETE du CFDU à STRASBOURG

les 28, 29 et 30 AOUT 2002

 

QUALITE URBAINE, DEVELOPPEMENT DURABLE, ECOUTE DES HABITANTS :

INSCRIRE LE PROJET D’URBANISME DANS LA VIE LOCALE

 

 

Compte-rendu final

 

Pour sa 7ème Université d’été, le Conseil français des urbanistes a choisi de se réunir les 28, 29 et 30 août 2002, à Strasbourg, carrefour européen et ville internationale entre Vosges et Rhin, dont la particularité est qu’elle est transfrontalière et aujourd’hui l’emblème de la réconciliation européenne.

 

Traiter du projet d’urbanisme dans ses aspects opérationnels

Après avoir traité les années précédentes de la ville dans sa globalité, l’Université d’été du CFDU s’est intéressée, cette année, concrètement à la ville qui change, se construit ou se reconstruit, opération après opération, dans un processus de création et de régénération urbaine, à travers le « projet d’urbanisme », et dans un souci constant de « qualité urbaine, de développement durable et d’écoute des habitants ».

 

Ces trois axes autour desquels étaient organisées les discussions ont permis à 300 personnes de s’exprimer, d’échanger leurs points de vue respectifs et de valoriser la multiplicité de leurs compétences , couronnant ainsi ce colloque d’un succès sans équivoque.

 

Le développement durable, composante incontournable dans la démarche du projet

La notion de développement durable, apparue en 1972, doit satisfaire les besoins de la génération actuelle sans priver les générations futures de la possibilité de satisfaire leurs propres besoins. Le débat actuel se nourrit de deux notions fondamentales qui sont de savoir être économe des ressources naturelles en protégeant les équilibres, et s’assurer des capacités de renouvellement de ces ressources. Le colloque a montré que la préoccupation du développement durable s’inscrit à chaque échelle du projet d’urbanisme. A l’image de projets expérimentaux voisins, que les congressistes ont pu visiter en Allemagne, la recherche de ressources locales économiques, l’auto-production d’énergies domestiques comme le solaire, la qualité de l’environnement et l’approche écologique de traitement des eaux ou des déchets, la protection des espaces naturels et la diminution des pollutions et des risques, sont des créations de richesses au service du progrès de l’homme. Ce sont les conditions-mêmes de la survie de notre espèce, qui doivent nourrir le projet d’urbanisme à tous les instants.

 

L’écoute des habitants comme un enrichissement et une garantie de qualité

L’écoute des habitants, plus prosaïque, induit la nécessaire intégration des habitants, de leurs attentes et de leurs réactions, dans le processus de conception de l’urbanisme. Les congressistes ont très largement insisté sur l’importance du lien entre l’écoute habitante et la problématique de la démocratie locale et de la démocratie de concertation – sans tomber dans la démagogie. Cette démarche implique très nettement une clarification nécessaire des désirs des habitants et une interprétation juste de ceux-ci. Les professionnels de l’urbanisme insistent sur le fait que la concertation et la proximité des habitants, loin d’être une perte de temps dans le processus de projet, s’assimilent, au contraire, à une démarche de co-construction permettant d’éviter des erreurs. Les participants à l’Université d’été ont aussi voulu souligner que, dans cette démarche d’écoute, l’urbaniste devait savoir concilier des temps différents, car le temps du commanditaire, toujours pressé de voir « sortir » le projet, n’obéit pas aux mêmes rythmes que l’expression de la population. L’écoute des habitants, de leurs aspirations, la compréhension de leurs modes de fonctionnement sont devenues une étape stratégique pour qu’un projet puisse être connu et reconnu, et réponde spécifiquement à la demande sociale.

 

Quatre forums de débats professionnels

A travers quatre forums professionnels proposés en marge des débats sur le projet d’urbanisme, les urbanistes ont tenté de répondre à des questions plus professionnelles, concernant l’exercice de leurs métiers.

 

- Assurer la transparence des prix

Concernant le prix des études et la concurrence, les urbanistes participants font appel à une meilleure transparence des prix et marquent leurs préférences, dans un certain nombre de cas, pour des marchés négociés face à la généralisation des appels d’offre qui ne se justifient pas quand le montant de l’étude est faible.

 

- Les jeunes diplômés construisent et renouvellent cette profession

Avec l’arrivée de nombreux et nouveaux jeunes diplômés, l’émergence du CFDU leur offre un double challenge qui est de construire leur propre compétence et leur carrière professionnelle tout en construisant la profession des urbanistes, en plein essor avec le processus de qualification mené par l’Office professionnel de qualification des urbanistes, mais aussi en plein renouvellement. Leur insertion professionnelle passera donc par des changements dans les pratiques professionnelles, par l’acquisition de nouvelles compétences en émergence et par la nécessité d’une stratégie de formation permanente.

 

- Une pratique du projet d’urbanisme fondée sur le pragmatisme et la souplesse

La pratique du projet évolue aussi. C’est une exigence forte de la relation de l’urbaniste au contexte-même du projet urbain qui s’est exprimée durant ces deux journées. Contexte autant spatial qu’humain, pour répondre aux attentes sociales comme cela a déjà été souligné. La pratique du projet doit se fonder dans le pragmatisme. L’urbaniste doit faire preuve de souplesse pour éviter certaines erreurs du passé.

 

- Favoriser la mobilité et l’échange entre les diverses catégories de professionnels

Quant aux mobilités professionnelles entre les quatre modes d’exercice, le décloisonnement entre les différents statuts, publics, privés et parapublics, est prioritaire et les congressistes ont lancé un appel aux pouvoirs publics en ce sens. La rigidité entre la fonction publique d’Etat et celle des collectivités locales est dénoncée. La spécificité des pratiques et la nécessité de l’échange doit mettre en avant la mobilité entre les types d’exercices. Afin de favoriser la libre circulation de l’information sur les différents emplois, le principe d’une bourse de l’emploi sur le site du CFDU a notamment été arrêté.

 

Le succès de ces forums professionnels, qui était une nouveauté cette année, a montré l’importance et la validité des sujets abordés durant ces quatre débats.

 

 

En conclusion, le message du Président

Pour finir et clôturer ce colloque, le nouveau président du Conseil français des urbanistes, Alain Cluzet, a insisté sur les capacités d’adaptation dont les urbanistes doivent faire preuve. A ses yeux, ils doivent se parer de deux vertus fondamentales qui sont la modestie et la clairvoyance. Dans le débat sur la ville, l’urbaniste est un acteur parmi d’autres, mais un acteur qui occupe une position stratégique comme interface entre tous les autres acteurs que sont les élus locaux, les forces économiques, les usagers et habitants et tous les autres corps professionnels qui interviennent. Il est au cœur même de ces débats et doit les enrichir de son savoir-faire, de son expérience professionnelle comme de la connaissance de la richesse et de la diversité des pratiques observées dans les autres villes.