CONFÉDÉRATION D'ASSOCIATIONS DE PROFESSIONNELS DE L'URBANISME Urbaniste

15 ème Université d'été du Conseil Français des Urbanistes


Rencontre nationale des professionnels de l'urbanisme

STRASBOURG 25, 26 et 27 Août 2010

Thème : "CONSTRUIRE DES METROPOLES SOLIDAIRES ET DURABLES"

Comment articuler les échelles pertinentes permettant le développement d’un territoire métropolitain durable et solidaire ?


La situation de Strasbourg, au cœur de la vallée du Rhin Supérieur, à cheval sur une frontière fraichement stabilisée, offre l’opportunité de nous interroger sur l’articulation des échelles pour aménager le territoire de métropoles dont l’identité commence à poindre, mais dont la pratique citoyenne est déjà un fait acquis. La question de la construction des métropoles, solidaires et durables, sera abordée à travers cinq entrées qui se répondent, correspondant chacune à des enjeux que pose la métropolisation.

Organisation(s) des métropoles transfrontalières

Comment intégrer des espaces transfrontaliers ? / Métropole et intercommunalité, développement et limites ?

Si nos parents pouvaient se référer au clocher de leur commune pour affirmer leur appartenance à un espace partagé, si les habitants – usagers – citoyens d’aujourd’hui s’y réfèrent toujours c’est sans doute le signe d’une quête de repères dans un espace quotidien de plus en plus large et mouvant. Les habitants de la métropole se déplacent, vont rendre visite à leurs amis, pratiquent des activités culturelles, travaillent dans l’ensemble d’un territoire aux dimensions variant en fonction des usages qui y prennent place. Les territoires se recomposent, et leurs usages correspondent de moins en moins à leur configuration administrative : les lieux et les pratiques qu’en ont les habitants – usagers – citoyens sont de plus en plus éclatés, dispersés, éloignés, et ne répondent plus nécessairement à l’image idéale du continuum spatial que nous offrait la ville ancienne. L’organisation politique, par commune, intercommunalité, canton, arrondissement, département, région, Etat ne correspondent plus aux territoires pratiqués par les habitants. Peut-on retrouver une cohérence entre les pratiques de ces nouveaux espaces, liées à la mobilité « facilitée », et leur organisation politique ? Comment repenser l’organisation des métropoles pour retrouver une cohérence avec le vécu de leurs « habitants » ?

Développement économique et métropolisation

Les métropoles concentrent les lieux contemporains de construction du savoir, les lieux de pouvoir et de gouvernance économique, séparant de plus en plus fortement, à l’échelle de la planète entière, des espaces de production, d’exécution, et des lieux de pouvoir, de création, de direction. Certaines métropoles européennes voient ainsi disparaître une très large partie de leurs activités industrielles, menant à s’interroger, malgré leur taille, sur les nouveaux leviers devant permettre d’assurer leur survie dans une économie-monde qui réorganise tous les territoires. Comment les métropoles peuvent-elles réinventer leur économie, en s’appuyant peut-être sur la valeur ajoutée du territoire, dans une concurrence mondiale de plus en plus forte ? Quelles réorganisations du territoire l’économie de la connaissance et de la créativité entraîne-elle ?

Frontières socio-spatiales dans la métropole

Peut-on aller à l’encontre des processus de ségrégation socio-spatiale au sein des métropoles ?

Prises dans l’ensemble de la « métropole du Rhin supérieur », toutes les limites décelables ne sont pas uniquement géo-politiques, et peuvent aussi délimiter des lieux où résident des groupes sociaux plus ou moins homogènes, de façon volontaire ou non. Cette géographie humaine des métropoles est de plus en plus marquée par des frontières sociales, qui ne peuvent que s’accroître avec l’augmentation de la précarité, du chômage, des nouvelles formes de pauvreté et de l’accès à la mobilité dans un espace urbain de plus en plus large. Ces frontières, souvent plus difficiles à percevoir que les frontières politiques, plus mouvantes aussi, donc plus difficiles à effacer, méritent une attention accrue de la part des urbanistes et de tous les acteurs des villes. A quelle échelle peut-on lire ces ségrégations socio spatiales ? Quels leviers d’actions peuvent permettre d’intervenir contre ce processus de fragmentation de la métropole ?

Exemplarités et « bonnes pratiques » au-delà des frontières et métropolisation

De part et d’autre de la frontière politique : des échanges et des différences propices à la confrontation et à l’expérimentation ?

Dans un territoire transfrontalier, de part et d’autre d’une frontière physique et politique, des processus similaires peuvent être à l’oeuvre de part et d’autre de la ligne de séparation, en double, selon des rythmes différents, donnant souvent lieu à des configurations assez comparables. Cependant, dans la vallée du Rhin Supérieur, depuis quelques années on visite de préférence la rive Allemande du Rhin et ces opérations innovantes sur les problématiques du développement durable ou de la co-production citoyenne. La frontière, par les différences qu’elle induit dans ce territoire à priori homogène, permet, par des allers-retours, des déplacements, des transferts et des influences, de mettre en question nos certitudes en se confrontant constamment à l’ « autre ».

Sur la base de cette confrontation quotidienne comment construire une identité commune ?

Hyper-ville et Métropole-Nature ?

En englobant des territoires de plus en plus étendus, de plus en plus distendus, les aires urbaines confrontent des territoires à dominante naturelle avec des anciens noyaux urbains, villageois et des emprises encore vouées à l’agriculture. Une politique responsable d’aménagement du territoire favorise, au moins dans les discours d’une « élite éclairée » le renouvellement de la ville sur la ville et la densification des centres urbains existants. Au-delà du rêve agreste qui a parfois motivé la fuite de certaines populations loin des villes grâce à des possibilités nouvelles de se déplacer en toute autonomie, et au-delà de l’éloge de la ville dense, de sa richesse culturelle, patrimoniale, économique et de la densité de relations sociales qu’elle propose, comment penser l’imbrication entre « ville » et « nature » ? Comment penser cette imbrication sans que l’espace urbanisé ne fasse disparaître la « nature » ou inversement, que les velléités de « nature » n’annihilent pas l’urbanité métropolitaine naissante ?

Ces cinq entrées thématiques correspondent aux différents ateliers de travail.